La CGT on s’en souvient a écrit en mars dernier en mars dernier à Madame la Présidente du Conseil Départemental du Gard pour lui demander de faire délibérer son assemblée pour le maintien d’une indemnisation des arrêts maladie à 100%.
Nous étions conscient du risque pour cette délibération qu’elle soit retoquée par le contrôle de légalité car contraire au code général de la fonction publique. Nous n’attendions pas moins pour autant un positionnement politique, à fortiori de la part d’une majorité dite « de gauche ». Ainsi certaines municipalités comme comme Calais, Ivry-sur-Seine, Bobigny ou La Courneuve ont délibéré en affirmant leur volonté de compenser cette perte en maintenant la rémunération à 100 % des agents en arrêt maladie. Au même titre que 134 000 personnes ont signé la pétition intersyndicale en ligne pour le maintien de la rémunération à 100% et l’abrogation du jour de carence.
Après plusieurs relances nous obtenons en guise de réponse, un courrier du Directeur Général des Services (DGS). Son contenu comme vous pouvez vous en doutez, est d’une teneur très administrative. Il nous rappelle la nécessité du respect des lois mais aussi l’attachement de la collectivité à la mise en oeuvre de mesures sociales et solidaires en faveur des personnels, notamment en ce qui concerne la santé et le pouvoir d’achat. Sur ce dernier point il ne manque pas de rappeler l’augmentation des 5% d’IFSE en 2023.
Alors certe il est vrai que la détresse sociale des agents que nous tentons inlassablement de faire entendre auprès des élus soit parfois prise en compte, notamment à l’issue de luttes menées par les agents eux-même. C’est par exemple le cas de la revalorisation des astreintes de la régie routière. Pour autant, et ce n’est pas la CGT qui le dit mais la Gazette des communes :
Les agents de la territoriale ont (encore) perdu en salaire en 2023
L’érosion se poursuit : les agents de la territoriale ont perçu en moyenne 2 254 euros nets par mois en équivalent temps plein en 2023, selon les dernières données de l’Insee, ce qui en euros constants et compte tenu de l’inflation, représente une diminution de -0,9 %, après une baisse de -1,1 % en 2022.
Les mesures de Madame la Présidente ne permettent donc malheureusement pas d’enrayé l’érosion significative et durable du pouvoir d’achat des agents de la collectivité. Ceci dans un contexte où les arrêts de maladie augmentent fortement en raison de la dégradation des conditions de travail et de la perte du sens au travail engendrées, entre autres, par la baisse drastique des moyens alloués aux services publics. Le passage à 90% de la rémunération résonne donc comme une double peine opposée à celles et ceux qui œuvrent quotidiennement pour l’intérêt général. Et les mesures austéritaires du gouvernement Bayrou pour le budget 2026 ne vont faire qu’aggraver la situation :
- le gel – pour la troisième année consécutive – de la valeur du point ;
- le gel de toutes les promotions catégorielles ;
- le non-rétablissement de la garantie individuelle du pouvoir d’achat (GIPA) ;
- le maintien du jour de carence ;
- la maintien de la diminution de 10 % de la rémunération versée lorsque les agent.es sont en congé maladie ordinaire.
Alors M. Le DGS nous informe qu’il a demandé à la DRH dans le cadre de l’application de cette nouvelle règle, de rester vigilant et d’accompagner au mieux les situations individuelles afin d’apporter un soutien ponctuel aux agents en difficulté. Il ne nous restera bientôt plus que la solidarité en lieu et place d’un système de santé universel…
Enfin il indique qu’il souhaite accentuer les mesures de prévention qui visent à réduire les risques d’arrêt maladie. Mais ne sait il pas que la meilleure des prévention consiste à ne pas renoncer aux soins et au repos pour des raisons financières afin de pouvoir poser le diagnostic au plus tôt et de soigner les pathologies avant qu’elles ne s’aggravent.
